Une reconversion professionnelle réussie !

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Comment je me suis reconvertie professionnellement dans la consultance en éducation et comportement animalier. 

Mon nom est Lindsay Tonneau, je vis en Belgique et à 28 ans, j’ai décidé de quitter mon emploi d’assistante showroom dans le milieu de la moto pour devenir consultante en éducation et comportement animalier en créant l’entreprise « Lupi ».  

A travers cet article, je voudrais vous partager mon parcours, mon expérience de reconversion professionnelle, vous dévoiler comment j’ai utilisé l’analyse appliquée du comportement pour favoriser mes réussites ainsi que les pièges à éviter.  

Mon parcours : Pourquoi et comment je me suis reconvertie professionnellement. 

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L’amour des animaux pour carburant 

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé le contact avec les autres animaux, les observer, les comprendre.   

Quand j’étais petite, le métier dont je rêvais c’était vétérinaire ou zoologue. 

Malheureusement, les circonstances ont fait que j’ai dû arrêter mes études à 16 ans pour débuter un apprentissage en vente.  

Mon parcours professionnel  

Afin de vous aider à mieux me connaître, voici les points clés de mon parcours : 

  • À 16 ans, je débute l’éducation canine en club canin URCSH. 
  • À 19 ans, je décroche mon diplôme d’éleveuse chiens et chats avec grande distinction et obtiens le diplôme de gestion par la même occasion (IFAPME). 
  • À 20 ans, après 4 années d’expérience où je donne mes propres cours collectifs 4B (obéissance) et après l’obtention de mon brevet d’instructeur canin à l’URCSH (Union Royale Cynologique Saint-Hubert), je décide d’arrêter mon travail en club canin pour développer un projet qui correspond mieux à mes valeurs.  
    Au même moment, je m’engage pour la cause animale. 
  • À 21 ans, je réussis le jury central, j’obtiens mon CESS (Certificat d’Etudes Secondaire Supérieur) et je cherche un emploi qui me permettra d’évoluer dans la vie. Je choisis le monde de la moto, mon hobby, et une fonction dans la vente où j’avais acquis de l’expérience.  Ce travail m’offrira des possibilités d’évolution, de nouvelles responsabilités ainsi qu’un salaire attractif qui me permettra d’épargner en vue d’acheter une maison. 

En parallèle, évidemment, je continue à me former, en comportement animalier notamment. 

Mon sanctuaire 

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A 24 ans, mon compagnon et moi avons acheté notre maison et nous décidons d’adopter nos premiers animaux de refuge : Draco, Leo, Thelma et Louise (la bande de moutons rescapés d’élevage) mais aussi Elenore, Jude et Eileen (poulettes). 

Jango, un défi et le déclic de mon projet 

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  • Sur cette photo, Jango est en réalité en train d’attraper une mouche. 

Celui qui marquera un tournant dans ma vie professionnelle, c’est mon chien. Jango est un Berger Allemand, nous l’avons adopté à l’âge de 3 ans et demi à la SRPA. A son arrivée, Jango était « phobique » des soins, de beaucoup d’objets, des jeux aussi, de l’aspirateur, de certains sons et même du mot « bonjour ». Il montrait des comportements « agressifs » envers les humains, les autres chiens, les véhicules, etc.  

Nous nous sommes tournés vers trois professionnelles du comportement différentes pour nous aider, nous et Jango, à modifier ses comportements, en vain. J’ai donc décidé de me former pour travailler moi-même sur ses problématiques. Après tout, le monde canin ne m’est pas complètement inconnu et le comportement animalier me passionne ! 

À la suite des conseils d’une amie, je découvre Muzo+. 

Muzo+, la rampe de lancement de mon activité !  

Le premier cours que j’ai suivi sur la plateforme est « Médical training 1 » d’Iris Castaing :  
Ce cours m’a permis de pratiquer des soins jusqu’alors impossibles avec Jango ! J’y ai découvert le médical training et les soins coopératifs. Iris Castaing est une professionnelle qui m’a beaucoup inspirée dans mon projet.  

Via Muzo+, je découvre également le travail de Lisa Longo : « Analyse et modification comportementale », qui m’a aidé à approfondir mes connaissances théoriques et à m’initier à l’ABA (analyse appliquée du comportement).  « Face à l’environnement » m’a donné l’occasion de véritablement commencer le travail sur la « réactivité » de mon chien.  

J’ai participé à de nombreux cours et webinaires supplémentaires donnés par d’autres instructrices toutes aussi compétentes et inspirantes les unes que les autres. D’ailleurs, les élèves de « Muzo+ » ont l’habitude de rire du fait que la plateforme devient rapidement addictive ! 

J’ai trouvé ma voie ! 

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Grâce au travail avec mon propre chien, je réalise qu’aider les humains et les autres animaux à vivre en harmonie, c’était ça, mon job de rêve !  

À la suite de mon suivi avec Lisa Longo, fondatrice de « Animal Académie », je décide de poursuivre un mentorat professionnel à ses côtés : après huit mois de travail intensif, j’étais complètement transformée ! 

Cette expérience m’a permis d’augmenter mes compétences en training, élargir mes connaissances théoriques et approfondir mon expérience de terrain. Lisa m’a également proposé un stage d’entraînement avec des perroquets, stage que j’ai débuté avec entrain en mai 2021 et que je poursuis toujours au moment où j’écris cet article. 

J’étais fin prête pour débuter l’aventure de l’auto-entreprenariat ! 

J’ai continué à me former auprès d’autres organismes, à travers des cours, formations et conférences. C’est ainsi qu’en 2021, je deviens la première entraîneuse belge à obtenir le « Fear Free Certified Professional» (certification internationale attestant de mes compétences et de mon engagement pour le bien-être physique et émotionnel des animaux) (1). Plus tard, j’ai également obtenu la certification « TAGteacher level 1 » (2) et je me suis lancée dans la formation certifiante « iSCA » (instructeur en soins coopératifs animalier) (3) ici même, sur la plateforme Muzo+ sous les enseignements de la talentueuse Iris Castaing. 

En juillet 2021, forte de mes nouvelles expériences, compétences et connaissances, j’ai pris la décision de lancer mon activité à titre complémentaire. 

2022, mon année ! 

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Après avoir mené mon activité durant 8 mois à temps partiel (en réduisant mon temps de travail d’employée), j’ai pris la décision de prendre mon envol et j’ai quitté mon emploi dans le but de me lancer dans la consultation en éducation et comportement animalier à temps plein.  
 
Aujourd’hui, je consacre donc 100% de mon temps à « Lupi », pour mon plus grand bonheur. 

Les première étapes de ma reconversion professionnelle. 

Etape 1 : Me poser les bonnes questions  

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A propos de moi : 

Avant de me lancer, je me suis posée quelques instants pour prendre le temps de faire le point sur moi, sur mes propres attentes et objectifs. 

Quel est mon parcours ? Pourquoi je souhaite me reconvertir professionnellement ? Quel est le déclic ? Quels sont mes objectifs ? Quelles sont mes motivations ? Quelles sont mes valeurs ? Quels sont mes freins ? 

Je souhaite changer de métier pour vivre de ma passion. J’ai envie de donner un sens à mon activité professionnelle, mettre mon énergie dans des valeurs qui me tiennent à cœur. J’ai besoin de m’épanouir dans mon job, de relever de nouveaux défis, d’œuvrer pour la cause animale, d’avoir le sentiment d’être utile aux autres. Pour « vivre » de ma passion, je dois donc gagner de l’argent, c’est aussi un de mes objectifs. 

Les déclics sont ma reconnexion avec l’éducation canine grâce à Jango et la découverte de méthodes bienveillantes et basées sur la science. Ma situation stable est un environnement propice au lancement de mon projet. 

Si je veux être honnête avec moi-même concernant mes freins : je sais que j’ai tendance à me lancer dans trop de projets en même temps et m’éparpiller, je veux toujours aller trop vite. L’aspect financier est aussi un frein, en effet, j’ai un crédit immobilier à payer et des loulous à nourrir ! 

À propos de mon projet : 

Quels sont les services que je voudrais proposer ?  Quelles sont mes compétences acquises ? Lesquelles dois-je acquérir ? Ai-je besoin d’un diplôme ou d’un accès à la profession ? Quelles sont mes disponibilités en termes de temps ? Quels sont les moyens financiers que je peux allouer à ma formation ? De quelles aides puis-je bénéficier ? (Etat, proches, entreprises, …) 

Qu’est-ce qui est acquis – Qu’est-ce qu’il me manque – Comment acquérir ce qu’il me manque. 

Etape 2 : Définir un objectif et se donner les moyens d’y parvenir 

Mon premier tableau  

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Cette vue globale sur les points à acquérir m’a ensuite permis de créer mon premier plan d’action.  

La première étape de ce plan : ma formation ! 

Etape 3 : Se former (en continu) 

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Plus on sait, plus on comprend qu’il y aura toujours plus de savoir, de compétences à acquérir, toujours plus de sujets à traiter, à étudier ! N’est-ce pas excitant ?! 

Me former pour devenir une consultante en comportement ou éducatrice canin compétente n’a pas été simple. Il existe une grande variété de formations sur le marché et toutes ne se valent pas. 

Je me suis inspirée des autres 
Pour avoir accès aux informations, j’ai regardé autour de moi, j’ai suivi tous les professionnels qui m’ont inspiré, je me suis renseignée sur leur travail, leurs méthodes, leurs domaines d’expertises, etc. 

Ensuite, j’ai choisi un mentor expert des sujets dans lesquels je souhaitais me former, dont le travail est reconnu par ses pairs, dont les valeurs collent aux miennes… et je me suis lancée ! 

  • Le mentorat (mentoring en anglais) désigne une relation interpersonnelle de soutien, une relation d’aide, d’échanges et d’apprentissage, dans laquelle une personne d’expérience, le mentor, offre sa sagesse acquise et son expertise dans le but de favoriser le développement d’une autre personne, le mentoré, qui a des compétences ou des connaissances à acquérir et des objectifs professionnels à atteindre (4) 

Mon objectif à court terme était de me former en « modification comportementale » et en « entraînement multi-espèce ». Mon objectif à plus long terme était de me former en « soins coopératifs animaliers » ainsi qu’en « réactivité ».  

J’ai choisi Lisa Longo en tant que mentor parce qu’elle excelle dans tous les domaines qui me sont chers.  Bien sûr, il y a mille autres formations, conférences, cours, certifications qui me font envie. Garder des objectifs atteignables, c’est aussi savoir faire le tri entre les envies et les besoins et ne pas se surmener.  

Me former pour être capable de pratiquer ce métier est une chose. Prendre conscience que je ne peux pas tout savoir, que j’aurai toujours beaucoup plus à apprendre, est ce qui fera de moi une meilleure professionnelle, une meilleure personne. 

Par conséquent, quelle que soit la spécialisation choisie, je ne me reposerai pas sur mes acquis. Je continuerai à me former, à regarder ce qui se fait autour de moi, à m’inspirer du travail des autres (et à les créditer quand je le fais) mais surtout : je n’arrêterai JAMAIS de me former. 

Comment j’ai utilisé l’analyse appliquée du comportement (ABA) pour atteindre mes objectifs ! 

Les principes fondamentaux de l’analyse du comportement sont applicables à toutes les espèces animales, humains compris, moi compris.  

Dans le but de promouvoir mes propres réussites, j’ai donc appliqué ces principes à mes propres comportements.  

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(5) Hiérarchie des procédures de modification comportementale par le Dr. S. Friedman. 

Cette hiérarchie de procédures de modification comportementale permet de nous guider dans la mise en place de stratégies des moins intrusives aux plus aversives (Exit 1 étant le plus recommandé, le niveau 6 étant le moins recommandé). 

Exit 1 : Conserver sa santé 

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Une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de me lancer et dont je ne vous ai pas encore parlé, est que mon ancien emploi était devenu très compliqué à vivre.  

Durant cette période, j’ai bénéficié d’un suivi psychologique m’aidant à prendre la décision de réorienter ma carrière professionnelle et de me lancer dans ma propre aventure ! 

Plus tard, j’ai été confrontée au cumul de mes deux emplois à temps plein et, même si j’ai pu profiter d’un énorme regain d’énergie au début, je dois bien avouer que je me suis souvent laissée submergée par ma charge de travail. 

De nombreux facteurs peuvent affecter négativement la santé physique et mentale, notamment le manque d’activité physique, l’épuisement, le manque de sommeil, le stress, l’anxiété et la fatigue. 

C’est pourquoi j’ai réalisé qu’il était important de maintenir un rythme de vie sain, faire des pauses, d’avoir des horaires de travail définis, d’avoir du temps pour soi, de demander de l’aide au besoin … Être en bonne santé favorise non seulement le bien-être physique et émotionnel mais aussi la pérennité de l’entreprise. 

Ce travail sur moi-même, je le pratique encore tous les jours. 

Exit 2 : Arranger l’environnement pour promouvoir sa réussite 

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  • Illustration qui m’a été inspirée d’une existante dont je n’ai pas pu trouver la source 
  1. Définir des objectifs observables/quantifiables  

L’acronyme SMART (pour malin, intelligent), popularisé en référence au « management par objectifs », a été introduit par George T. Dolan dans la revue Management Review en novembre 1981 avec un article intitulé « There’s a S.M.A.R.T. way to write management’s goals and objectives »(6)  

Définir des objectifs S.M.A.R.T. 

  • Spécifiques : clairs et définis avec précision 
  • Mesurables : comment savoir s’ils sont atteints ? 
  • Atteignables : favoriser mes propres réussites 
  • Réalistes : en fonction de mes ressources 
  • Temporellement définis : dans quel délai ? 
  • « Mettre de l’argent de côté pour suivre des formations » n’est donc pas un objectif S.M.A.R.T. 
  • « Épargner 500€ avant le 01 janvier 2023 afin de suivre la formation XY » est bien un objectif S.M.A.R.T. 
  1. Rédiger des « to do lists » 

Les listes de tâches m’aident quotidiennement à définir un ordre de priorité dans mes objectifs S.M.A.R.T. 

Elles me permettent de : 

  • Libérer mon esprit des nombreuses pensées dirigées vers ces tâches (n’oublie pas de faire ci, pense à faire ça, mais d’abord, il faut que je fasse ça, …). 
  • Me rappeler des tâches précises à effectuer et du délai dans lequel chacune d’elles doit être effectuée. 
  • D’avoir une vue d’ensemble sur les tâches à accomplir et d’ajuster ma « productivité » en fonction du nombre de tâches ou de leur importance. 
  • De classer les tâches par ordre d’importance (de la plus urgente à la moins urgente) et ainsi de m’assurer de donner la priorité aux tâches les plus urgentes. 
  • De renforcer mes comportements ! En effet, chaque tâche effectuée est rayée de la liste, c’est un grand renforçateur pour moi !  

Pour ce faire : 

  • J’utilise des mots-clés, des verbes à l’infinitif ou des phrases très courtes. 
    Par exemple : répondre mail Mr. X, relire article Muzo, Prise rdv Mme Y, chapitre 2 : cours Z, … 
  • Je divise les « grosses » tâches en plusieurs morceaux, ce qui me permet de renforcer régulièrement mon comportement de produire ces tâches. 
    Par exemple : Plutôt que d’écrire « Lire livre A », j’écris « Lire chapitre 1 livre A », « Lire chapitre 2 livre A », etc. 
  • Si je ne peux pas terminer toutes les tâches que j’ai planifiées pour ce jour-là, je crée une nouvelle liste pour le lendemain incluant les tâches « oubliées » (et jette/supprime/ met de côté l’ancienne liste). 
  • J’utilise des applications comme « Trello » ou « Todoist » que je peux utiliser sur mon ordinateur comme sur mon smartphone (donc absolument partout !).  
  1. Collecter les données  

J’utilise les collectes de données pour suivre l’évolution d’un comportement dans le temps. Qu’il s’agisse de mes propres comportements ou de ceux de mes apprenants, cela me permet de déterminer si le “plan d’action” est efficace ou s’il doit être modifié. 

Exemples de comportements pouvant être collectés : 

  • Temps de travail pour réaliser une tâche
    • Lorsque j’ai voulu réduire mon temps de travail nécessaire à la rédaction d’un plan d’action, j’ai chronométré chaque occurrence de la tâche et l’ai enregistrée dans un tableau Excel. 
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Sur ce graphique Excel, nous pouvons constater une nette diminution du temps que j’ai passé sur le plan d’action de clients. Pour réduire ce temps de tâche, plusieurs stratégies ont été mises en place ; j’ai notamment conçu des fiches pré-écrites sur les protocoles que je propose le plus souvent. Ces fiches n’ont plus qu’à être modifiées pour s’adapter à l’individu et incluses dans le plan d’action ! 

  • Respecter le langage corporel de l’apprenant durant mes entrainements
    • Lorsque j’ai souhaité améliorer mes compétences en lecture et respect du langage corporel de mon propre chien durant mes premiers entraînements en soins coopératifs.  
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Sur ce graphique (réalisé sur la plateforme ABA-Assistant)(7), nous pouvons observer une augmentation du respect du langage corporel de mon chien, associée à une diminution du non-respect du langage corporel durant mes entrainements en Soins Coopératifs.  

Pour ce faire, j’ai filmé chacun de mes entraînements et noté pour chacune des approximations (manipulations) si le langage corporel de Jango avait été respecté ou non. Si, par exemple, Jango se léchait la truffe et que je ne stoppais pas les manipulations immédiatement, un « pas respecté » était inscrit pour cette approximation. 

  1. Opération de motivation  

Le concept d’opération de motivation traite de l’observation que le comportement ne dépend pas seulement des stimuli présents dans la situation actuelle et des expériences passées de l’individu avec ces stimuli, mais aussi des antécédents récents de privation, de satiété, de douleur ou d’autres influences de l’organisme.  

Un tel historique peut avoir deux effets : il peut changer la valeur d’une conséquence en la rendant plus ou moins renforçatrice, et/ou il peut changer la probabilité d’apparition des comportements qui ont produit cette conséquence.(8) 

Plus simplement dit : si je n’ai pas mangé depuis plusieurs heures, il est beaucoup plus probable que je me jette sur des chips immédiatement en rentrant à la maison, que si je reviens tout juste du restaurant avec le ventre plein !  

En pratique ? 

Si je veux augmenter la probabilité de voir apparaître le comportement « travailler » (que je range dans la case « activité »), je peux me priver de faire des « activités » durant une période prédéfinie.   

Par exemple : je peux m’assoir sur le canapé et pratiquer le « ne rien faire » (regarder le mur, assise, les mains sur mes cuisses) pendant 10 minutes. Ce qui aura pour effet probable d’augmenter ma motivation à « faire quelque chose » et cette « activité », je déciderai que ça sera « travailler ».  

Attention : cette méthode, utilisée à l’extrême, peut devenir coercitive ! Avant de penser aux opérations de motivation, nous devrions toujours nous assurer que nos besoins essentiels sont remplis (manger, dormir, activité physique, …). 

Exit 3 : Renforcer ses propres comportements 

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  1. Le renforcement positif (R+) 

Le renforcement positif est un principe de base du conditionnement opérant (9) de B.F. Skinner(10), qui fait référence à l’ajout d’un stimulus en conséquence d’un comportement qui tendra à faire augmenter (en fréquence, durée, intensité, …) ledit comportement.  

« Renforcement » = Le comportement est augmenté  
« Positif » = quelque chose (un « stimulus ») est ajouté (+) 

Par exemple : J’ai répondu à tous mes emails clients, je décide de m’octroyer un délicieux dessert. Si le comportement « répondre à mes emails clients » augmente, alors « manger un délicieux dessert » est un renforçateur pour moi. 

Déterminer les comportements que je veux voir augmenter et m’arranger pour introduire en conséquence un stimulus qui aura pour effet d’augmenter mes comportements cibles est une étape clé de mon propre plan d’action ! 

NOTA BENE :  

Bien que le renforcement négatif soit, dans la plupart des cas, une procédure intrusive, il fait également partie de notre quotidien sans pour autant que nous ayons décidé de le mettre en place. Le « renforcement négatif » fait référence au retrait d’un stimulus aversif en conséquence d’un comportement qui tendra à faire augmenter (en fréquence, durée, intensité, …) ledit comportement. 

« Négatif » : quelque chose (un « stimulus » )  est retiré (-) 

Par exemple : J’ai répondu à tous mes emails clients, les marques bleues de ma boite mail (qui indiquent que des mails sont en attentes de réponses) ont disparues. 

  1. Premack 

Le principe de Premack fait référence au renforcement d’un comportement cible en permettant de s’engager dans un comportement plus souhaité par la suite. (11) 

En d’autres termes, le principe de Premack stipule qu’un comportement très probable renforce un comportement moins probable lorsqu’il est ajouté en conséquence de ce dernier.  

En pratique ? 

Si je souhaite augmenter mon comportement de « répondre à mes mails clients », alors je peux ajouter un comportement à forte probabilité en conséquence, comme regarder un épisode de ma série préférée, par exemple.  

  1. Carnet de la victoire 
15 carnet de la victoire

Une autre idée pour renforcer mes propres comportements consiste à créer un « carnet de la victoire ». Bien que je n’ai pas pu retracer l’origine du « carnet de la victoire », cette idée me vient de ma mentore, elle a pour but de contrer le « biais de négativité ». 

  • Le biais de négativité, c’est la tendance que nous avons à plus facilement nous souvenir des expériences négatives, que des expériences positives.(12) 

En pratique ? 

Ce carnet consiste à récolter chacune des victoires vécues durant mon parcours, afin de me les remémorer plus tard. En plus de garder des souvenirs de cette aventure, c’est un excellent moyen de voir tout le chemin parcouru et de me motiver dans les moments plus difficiles.  

Quels sont les 5 pièges à éviter ? 

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  1. Se comparer. 

Comme pour toute création et/ou modification comportementale, chaque cas est totalement unique. Chaque individu est différent, chaque environnement (interne et externe) est différent, on n’a pas le même passé, les mêmes objectifs, ni les mêmes ressources financières, matérielles, humaines, etc. 

Non seulement chaque cas est unique, mais notre vision des autres est également biaisée par la sélection des informations mises à notre disposition : j’ai moi-même traversé des moments difficiles et des échecs, je continue à en traverser et mes pages Facebook ou Instagram n’en font pas pour autant le récit. 

A mon sens, la seule personne à qui je devrais me comparer, c’est la Lindsay du passé ! 
 

  1. Vouloir tout faire en même temps 

Que ça soit dans l’accomplissement de mes objectifs d’aujourd’hui ou dans les services que je proposerais demain, vouloir tout faire en même temps ne me permettra pas d’exceller. 

Me créer mon propre plan d’action, le décomposer en plusieurs étapes, choisir de commencer par l’étape la plus importante, m’assurer de l’accomplissement de cette étape avant d’en débuter une autre, … ça n’est pas une mince affaire ! 

Décider d’une spécialité dans mon travail, restreindre l’étendue de mes services et refuser des clients pour coller à mon propre plan, … c’est aussi très difficile ! 

Pourtant, m’imposer ces limites me permet d’être réellement efficace dans mon travail. 

  1. Croire qu’on sait tout 

« L’ effet Dunning-Kruger », aussi appelé « effet de surconfiance », est un biais cognitif par lequel les moins qualifiés dans un domaine pourraient surestimer leur compétence. Ce biais est décrit par les psychologues David Dunning et Justin Kruger dans un article publié en 1999 dans « Journal of personnality and Social Psychology ». (13) 

Ces recherches démontrent que moins une personne est compétente dans un domaine et plus il est probable qu’elle surestime ses compétences. Dans un degré moindre, les personnes les plus compétentes ont tendance à sous-estimer leurs compétences. (14) 

Pourquoi est-il important de garder ce biais cognitif à l’esprit lorsque nous estimons nos propres compétences ? 

Tout simplement parce que quand on ne sait pas, on ne peut pas savoir … qu’on ne sait pas ! 

Autrement dit, notre manque de connaissance nous empêche d’avoir une comparaison objective avec les connaissances réellement disponibles à ce jour. 

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La solution ? 
Développer une humilité épistémique (15) : Cela implique de reconnaître l’incomplétude de son propre savoir et de sa qualité à toujours être révisable.  

  1. Oublier que ce métier, c’est avant tout être auto-entrepreneur. 

Une chose à laquelle on ne pense pas forcément quand on souhaite se lancer en tant qu’auto-entrepreneur, c’est qu’on devient… auto-entrepreneur !  

Cela signifie que nous devons également acquérir des compétences en gestion financière, en communication, en stratégie commerciale, en analyse concurrentielle, en création et gestion d’un site internet, en gestion des réseaux sociaux, en relation avec les clients, partenaires et prescripteurs, en photographie et montage vidéo, en création d’un business plan, et j’en passe ! Autrement dit, nous portons toutes les casquettes !  

Bien sûr, la solution idéale est de faire appel à des experts dans leur domaine respectif. Dans les faits, je n’avais pas le budget pour embaucher tout ce monde dès le début. 

Pour m’aider dans le lancement de mon entreprise, je suis passée par un organisme de formation. Il en existe plusieurs en Belgique et certains d’entre eux sont même éligibles aux « chèques entreprise ». En d’autres termes, l’état belge intervient partiellement ou même entièrement dans le paiement de la formation. Dans mon cas, 80% du montant total de cette formation a été pris en charge par l’état.  

  1. S’isoler  
18 marion, moi, valentine
  • De gauche à droite : Marion Terree, moi-même, Valentine Rostalski lors de la rencontre Muzo+ en juillet 2022 

Croyez-moi, on peut m’étiqueter de personne très « timide » et « introvertie ». Le genre de personne qui n’a pas beaucoup d’amis, qui n’ose pas aborder des inconnus, qui craint de déranger (même ses proches), qui passera des heures entières à essayer de bricoler une solution elle-même plutôt que d’oser demander de l’aide… et pourtant, les plus grands accomplissements dans ma carrière professionnelle, je les dois en partie aux concours des autres. 

En commençant par mon compagnon, qui m’a aidée dans la création de mon logo, de ma charte graphique, de mon site internet, dans la création de ma boite mail et tous ces trucs informatiques sortant du spectre de mes compétences. 

Tous mes professeurs, mes camarades de formations et mentorat (qui pour certains, sont devenus des amis proches) sans oublier ma mentore et même mes clients, qui m’ont apporté tant de connaissances, d’échanges, de soutien, de points de vue différents et si précieux ! 

Je me rappelle encore ma mentore, Lisa, me tenant littéralement la main pour aller engager la conversation avec les participants à un évènement pour un refuge… : « Bon, on fait cette rangée de personnes ensemble et ensuite tu fais la suivante toute seule, ok ? »  

Oui… à ce point-là ! *rires* 

Sortir de ma zone de confort, améliorer mes compétences en communication, parler aux autres, et même parfois, faire semblant d’être « sociable » et « à l’aise » pour me prouver à moi-même que je peux y arriver, jouer à « l’actrice », c’est ce qui m’a permis de réellement m’en sortir !  

Conclusion 

19 conclusion

Dans cet article, je vous ai confié mon expérience personnelle de reconversion, nous avons pu voir comment je me suis créé mon propre plan d’action afin de promouvoir ma réussite, rendre mes objectifs atteignables et renforcer mes comportements. Nous avons également abordé les pièges à éviter, ceux dans lesquels je ne suis pas tombée ! 

Se reconvertir professionnellement dans l’entrainement et/ou le comportement canin est une aventure pleine de rebondissements, haute en couleurs et en émotions ! Il y a des moments de grandes joies et aussi des moments de désespoir, c’est dur, c’est excitant, ça demande beaucoup de temps et de travail… mais si réaliser nos rêves était chose aisée, nous ne leur donnerions pas le nom de « rêve ». 

Lindsay Tonneau

Merci infiniment à Lisa Longo pour sa relecture. 

Sources : 

  1. https://fearfreepets.com/about/what-is-fear-free/  
  2. https://www.tagteach.com/What_is_TAGteach  
  3. https://www.soinscooperatifs.fr/qui-sommes-nous  
  4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Mentorat 
  5. https://m.iaabc.org/about/lima/hierarchy/ 
  6. https://www.eval.fr/wp-content/uploads/2020/01/S.M.A.R.T-Way-Management-Review-eval.fr_.pdf  
  7. https://behavior-analysis-technology.com/?fbclid=IwAR2N9vl55tspgo8coCQK1UWQexl9oAPovY8IMv1Suey_nus2u0y4Q8M2dpo  
  8. https://en.wikipedia.org/wiki/Motivating_operation 
  9. https://www.simplypsychology.org/Operant%20Conditioning.pdf  
  10. https://fr.wikipedia.org/wiki/Burrhus_Frederic_Skinner 
  11. https://www.sciencedirect.com/topics/psychology/premack-principle#:~:text=Premack’s%20principle%20(or%20the%20differential,a%20more%20desired%20behavior%20afterward.  
  12. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3652533/  
  13. https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Dunning-Kruger#cite_note-FH-1 
  14. https://www.sscnet.ucla.edu/comm/kjohnson/Lab/Publications_files/Dunning,%20Johnson,%20et%20al.%20%28200%230 
  15. https://en.wikipedia.org/wiki/Epistemic_humility  

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Ma mère a toujours été très proche des autres animaux, donc très vite, très jeune, j’ai appris à les respecter et à les aider à mon tour. Mon enfance et mon adolescence ont été ponctuées de sauvetages, avec ma mère, plus rarement mon père, avec mes ami·es, ou en me débrouillant seule, où je rentrais à la maison avec une ratte sauvage dans un carton, un pigeon dans ma veste ou un chien errant en bout de laisse en rentrant du collège.

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