Le foraging

perroquet ouvrant une boite
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Définition 

 « Foraging » est un mot anglais signifiant « recherche de nourriture ».

La recherche de nourriture pour l’animal

Dans la nature, les perroquets passent environ 50 à 70% de leur journée à pratiquer cette activité. La moyenne de temps passé à rechercher à manger quotidiennement dans la nature est de 240-360 minutes contre 30 minutes environ en captivité. Dans nos maisons, la nourriture leur arrive dans une gamelle, sans le moindre effort, sans réflexion, sans travailler, et ce, tous les jours. La plupart des espèces de perroquets sont considérés comme des animaux sauvages captifs (et non comme des animaux de compagnie). En effet, les perroquets que nous détenons dans nos maisons ne sont en général que la troisième ou quatrième génération à naître et à être élevée en captivité. De ce fait, ils conservent encore très fortement leurs instincts sauvages, dont la recherche de nourriture fait intégralement partie.

Dans la nature, la plupart des canidés sont des chasseurs en équipe qui s’associent pour attraper leurs proies. Bien que la prédation fasse évidemment partie de la façon dont un canidé peut se procurer de la nourriture, les chiens sont aussi considérés comme des opportunistes à tendance charognards, passant une majeure partie de leur temps à chercher, sentir, gratter, jusqu’à éventuellement trouver une proie déjà tuée (ou des bonnes poubelles humaines bien fraîches) et de préférence en putréfaction. Dans un contexte de captivité, le chien perd son rôle de chasseur, les humains lui offrant sa nourriture (dans une gamelle et à heure fixe souvent). Nous lui retirons également souvent son rôle d’éboueur soit en lui apprenant à ne pas renifler et grignoter les ordures traînant au sol à l’extérieur, soit en tirant sur la laisse dès lors qu’il a trouvé un « trésor » qu’il souhaite découvrir avec sa gueule. Malgré des milliers d’années de domestication, le foraging reste un comportement inné et naturel chez le chien.

Deux espèces différentes, l’une domestiquée depuis des milliers d’années, l’autre depuis des dizaines et pourtant un même besoin toujours aussi présent de pratiquer une activité naturelle et enrichissante : chercher de la nourriture ! Les perroquets et les chiens sont loin d’être les deux seules espèces concernées par ce phénomène. Une étude menée sur des chevaux (« Foraging opportunity : a crucial criterion for horse welfare? ») a suggéré que l’augmentation d’opportunités de recherche alimentaire améliorait le bien-être du cheval, augmentait les interactions sociales positives et diminuait l’agressivité. Les NAC sont tout autant concernés (souris, rats, hamsters, cochons, etc) par le besoin de foraging.

Le foraging comme enrichissement de l’environnement

L’ennui étant l’un des principaux ennemis des animaux captifs dans nos maisons, le foraging fait essentiellement partie des solutions pour l’éviter. Le comportement de recherche de nourriture est si important que lorsque nous proposons à nos animaux le choix entre de la nourriture facile d’accès (gamelle) ou de la nourriture cachée, la plupart des animaux prendront le choix du travail plutôt que du libre accès. Ce phénomène s’appelle le « Contrafreeloading ». Ce terme a été créé en 1963 par Glen Jensen à la suite d’une étude menée sur deux cents rats qui auront préféré travailler pour obtenir leur nourriture au détriment de la gamelle qui se trouvait à côté d’eux.

Cette expérience a été menée par la suite avec des souris, des oiseaux, des poissons, des singes, des éléphants, etc. Une grande majorité aura pris le choix de la recherche plutôt que de l’acquis (tous, à l’exception du chat, lors de ces études). Faites le test à la maison ! Chez moi, que ce soit le chien, le cochon ou les perroquets, tous préfèrent leur nourriture cachée plutôt qu’en libre accès.

De nombreuses recherches ont démontré les effets bénéfiques du foraging sur le bien-être des animaux (Young, 2003 ; Shipper et al, 2008 ; Le Clouton & Waran, 1997). Le foraging devrait donc être accessible à tous nos animaux de compagnie captifs – même le chat – tant l’enrichissement qu’il apporte est important. Et puis, n’est-il pas préférable de savoir son compagnon en activité de recherche alimentaire plutôt qu’agonisant d’ennui lors de nos absences ?

chien assis à coté de ses jouets
Photo : Lisa Longo

Alors comment augmenter les opportunités de foraging pour nos animaux captifs, sauvages ou de compagnie ? La bonne nouvelle c’est que non, nous n’avons pas besoin de lâcher nos perroquets dans la nature pour satisfaire ce besoin, ni besoin de laisser nos chiens entreprendre des activités frénétiques de chasse à la souris et au chevreuil dans les champs.

Les jouets de foraging

Il existe de nombreux jouets « foraging » sur le marché, pour tous types d’animaux. Certains sont simples (pour les animaux débutants) et d’autres très compliqués (pour les expérimentés). Snufflemat, Lickimat, KONG Wrobbler ou Rubber, Trixie dog activity ou autres balles distributrices sont autant de jouets géniaux pour les chiens, chats et cochons, par exemple. Bird plunk, drop stix, barrel of fun ou le coffre au trésor sont quant à eux des jouets foraging pour les perroquets.

Malgré l’intelligence reconnue des chiens, des perroquets, et de nos autres animaux de compagnie, sans n’avoir jamais vu ce genre de jouets auparavant, votre compagnon pourrait ne pas en comprendre le principe, ni même trouver de solution pour accéder à la nourriture. Dans la nature, ce sont les parents qui sont les professeurs de la quête de nourriture. Il vous faudra donc endosser le rôle d’apprenant et « enseigner » le foraging à votre compagnon. En commençant par des étapes très simples et en aidant votre animal si celui-ci ne sait pas résoudre une énigme, vous pourrez, étape par étape, jour après jour, voir votre animal devenir un maître en la matière. Mais justement… La capacité d’adaptation et de réflexion de nos animaux est tellement grande que rapidement, tous les merveilleux jouets-foraging que vous lui aurez offerts n’auront plus aucun secret pour lui. À peine vous y aurez introduit le graal que celui-ci l’en aura déjà extrait. Fort heureusement, votre imagination déborde de bonnes idées et vous pourrez lui créer des jouets-foraging à l’infini !

Et si ce n’est pas le cas, voici quelques idées :

        LA MOTIVATION VIENT DES EXPÉRIENCES PASSÉES. PLUS L’ANIMAL SERA EN POSITION DE RÉUSSITE, PLUS IL SERA MOTIVÉ À RECHERCHER SA NOURRITURE DANS LES JOUETS PROPOSÉS À L’AVENIR.

        En conclusion

        Ne soyez jamais trop pressé de passer à une étape ou difficulté supérieure. Chaque animal est différent, et si certains comprendront très vite le principe du foraging, pour d’autres, le délai sera plus long.

        Visez toujours des jouets-foraging adaptés à la taille, à la préférence et au niveau de votre animal, car si l’énigme se trouve trop compliquée à résoudre, votre compagnon ne s’en verra que frustré et les bienfaits du foraging auront alors disparu, avec sa motivation.

        N’oubliez pas d’alterner ce que vous y mettez – la surprise crée aussi la motivation ! Une fois expert en la matière, le foraging peut être mis en place pour toute l’alimentation quotidienne de votre compagnon.

        Plutôt qu’un jouet, le foraging devrait finalement être considéré comme un enrichissement au quotidien essentiel au bien-être de l’animal.

        tête de perroquet

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