Communiquer avec son chien : nos conseils

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La réciprocité est essentielle quand on communique avec son chien. 

Communiquer avec son chien consiste à lui transmettre un message. 

La première étape pour communiquer avec son chien est d’entrer en contact avec lui afin d’obtenir son attention. Cela peut être effectué de diverses manières : verbalement avec un mot ou un son, donc parler ou siffler ou faire des bruits de bisous ou claquer des doigts, etc. ; tactilement, en touchant son corps ou un objet ; visuellement, en bougeant son corps ou certains membres. Choisir ce qui va l’attirer dépend de plusieurs paramètres : ses capacités physiologiques (sourd ou non, aveugle ou non), sa position (s’il est au loin, de dos, dans une autre pièce), ses capacités d’attention (s’il est calme, en train de jouer, surexcité). 

Une fois l’attention obtenue, il est temps d’émettre votre message, l’information que vous souhaitez transmettre, et, qu’il reçoive. Effectivement, si votre message est émis sans que votre chien ne soit en mesure de le comprendre tel que vous le souhaitez, alors sa réponse ne sera de fait pas non plus adaptée. C’est là que la compréhension du langage corporel des chiens, de leurs compétences en apprentissage, de leurs motivations, des associations qu’ils effectuent, éclairent sur la réception qu’ils font du message envoyé.  

La communication passe par un échange avec son chien. 

Le chien est un animal sentient, capable de ressentir de la douleur, des émotions, de percevoir subjectivement son environnement. Ils n’a plus le statut d’animal qui se nourrit et se reproduit uniquement. 

Quand on s’adresse à son chien, on entre dans un dialogue, dans une conversation. On émet, il répond. Que ce soit par des vocalises, par son langage corporel, par des comportements, il émet un message en retour de celui qui lui a été envoyé.  

Parfois, certains chiens ont simplement besoin d’être éduqué davantage ou autrement, pour être en mesure de comprendre le message. Sans ambiguïté, sans entrer dans un monologue, sans nier ses particularités, on peut alors avoir des échanges avec son chien malgré les différences. 

L’homme et le chien, deux espèces, deux perceptions du monde, qui se sont pourtant rapprochées. 

Malgré leurs différences, l’être humain et le chien sont parvenus à cohabiter. Malgré leurs rapprochements, il demeure des situations d’incompréhension, des situations où la communication de l’un n’est pas acceptée par l’autre. 

Communiquer avec son chien implique qu’il a les capacités déjà physiques de recevoir le message. 

Au-delà d’une apparence extérieure bien différente, les sens des chiens perçoivent les informations différemment.  

Le sens sur lequel l’humain s’appuie le plus est la vue. Il a alors tendance à attendre de son chien qu’il regarde, comme s’il percevait les images comme lui. Or, les chiens sont myopes et hypermétropes, ce qui signifie qu’ils voient mal de loin et ne distinguent pas les détails ; par ailleurs, la vision des chiens exclut les couleurs dans le spectre du rouge. En prenant conscience de cette différence visuelle, il est alors possible d’amener son chien à « voir » le message qu’on lui envoie de façon à ce qu’il le comprenne.

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Les capacités auditives des chiens dépassent celles des humains. Ils parviennent à capter des sons à des fréquences jusqu’à 50,000 hertz et qui ont cessé d’être émis à 25 mètres. et en perçoivent les résidus à 5 mètres. Avec de telles capacités à entendre, communiquer avec son chien peut se faire à un volume peu élevé. S’il n’est pas à l’écoute, il est alors à voir du côté de sa motivation, de ses apprentissages. 

Quand l’humain regarde, le chien renifle. C’est chez lui le sens qui lui apporte le plus d’informations sur son environnement. Nul besoin de s’approcher, de tendre la main ou le bras, ses 300 millions de cellules olfactives et son bulbe olfactif situé dans le cerveau (proportionnellement 40 fois plus grand chez les chiens que les humains), font de lui un être à vous « sentir » venir. Si votre comportement peut parfois le tromper visuellement, rien ne lui échappe au niveau olfactif, ni vos émotions, ni vos activités de la journée, ni votre santé. 

Même si le chien s’expriment par l’aboiement, il répond avant tout avec son corps. 

C’est en observant son mouvement de queue, l’orientation de ses oreilles, ses tensions musculaires, l’ouverture de sa bouche, qu’on est à même de poursuivre la communication. 

Chaque race a sa propre physionomie, son propre port de queue. Il est alors essentiel de reconnaître celle de son chien. Par exemple, la base de la queue d’un whippet ne sera pas au même niveau que celle d’un akita ; par conséquent, lorsque l’un ou l’autre porte la queue basse, c’est à partir de la base qu’on se réfère, pas à une perception subjective. 

De même, un malinois par exemple est susceptible de coucher ses oreilles en arrière de contentement, alors qu’un chihuahua sera en train d’exprimer un inconfort voire une peur.  

Sciemment ou non, consciemment ou non, le langage corporel canin émet des signes de de ce qu’ils ressentent. Un chien heureux et calme remue la queue avec une amplitude plus accentuée à droite, dont la base demeure dans la continuité de la colonne, sans la moindre tension musculaire, avec sa bouche ouverte et les commissures détendues. Un chien mal à l’aise porte sa queue très basse, presque sur son ventre, sa bouche est fermée, il peut trembler et haleter vite ou fort. Un chien en colère peut avoir les muscles saillants et sa queue raide et haute. 

L’article de blog « Le langage canin : quand les chiens parlent » vous apprendra plus sur le sujet. 

La communication par le geste s’avère celle sur laquelle les chiens observent et comprennent les humains en premier. 

Si l’être humain a tendance à davantage communiquer avec la parole, celle-ci s’avérant une langue inconnue pour les chiens, utiliser des gestes, les mouvements de son corps, des éléments dans l’environnement, a le mérite d’amener de la clarté dans le message. 

La position du corps peut indiquer un signal, un apaisement, ou une menace. 

Le chien a acquis une grande capacité à comprendre le langage corporel émis par l’humain. Si nous fermons nos yeux, ils savent que nous ne pouvons pas les voir. Si vous leur tournons le dos, ils savent que nous ne pouvons pas les voir et vont se déplacer face à nous pour poursuivre une communication. Les chiens comprennent aisément nos expressions faciales.

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L’orientation du corps est donc une façon sûre de guider son chien. En tournant son corps vers une direction, vers un objet, nous témoignons alors de l’intérêt à son égard.  

Le langage des signes n’est pas réservé qu’aux chiens sourds. Il est aussi utilisé avec les chiens entendant. Lorsqu’on invite un chien à se rendre à un lieu, on le désigne du doigt. Lorsqu’on invite un chien à adopter une position particulière, on accompagne la demande d’un geste précis.  

Il est cependant important de garder à l’esprit que communiquer avec son corps peut aussi induire des incompréhensions, voire du stress. Si on invite un chien à se rendre à un lieu, mais que notre corps est positionné de façon à ce qu’il représente un obstacle pour le chien, il est susceptible ne pas s’y rendre, simplement parce que la position lui enverra le message de ne pas y aller.  

S’avancer rapidement, se pencher par-dessus un chien, peut aussi devenir source d’inconfort. Un regard, yeux dans les yeux, peut être toléré par un chien serein, à l’aise avec le contact visuel ; à l’inverse, il peut être perçu comme impoli voire provoquant ou menaçant par un autre chien. 

En communiquant d’abord par des gestes simples, sans mouvements brusques, cela permet au chien de se sentir en confiance, en sécurité. En se mettant à son niveau, en se baissant au besoin, il peut se sentir rassuré et plus enclin à interagir. 

Des éléments autour de soi indiquent des activités aux chiens, les invitent à des actions. 

Lorsqu’on saisit sa laisse, le chien comprend qu’il va être sorti. Lorsqu’on prend le paquet de croquettes, le chien comprend qu’il va manger. Sans même que des mots soient prononcés, les chiens repèrent certaines de nos activités, ou leur annonce, dans nos interactions avec certains objets. Cela nous indique qu’il est possible d’utiliser des outils pour communiquer avec son chien. Il est donc possible d’envisager de le faire sciemment. Par exemple, en positionnant un objet sur son bureau qui indique au chien que s’il souhaite jouer, son humain n’est pas disponible ; et qu’en l’absence de cet objet, il l’est. Une couverture sur un canapé peut l’inviter à s’y rendre et son absence à rester au sol.  

Pour indiquer un comportement désiré, des outils ou gestes sont de bons alliés : un clicker, un sifflet, un pouce levé. 

Il est essentiel qu’aucun objet, aucun élément de l’environnement, n’annonce l’arrivée de quelque chose d’aversif, ou soit lui-même au sein d’une action aversive. Lorsque le chien se met à aboyer, hurler, uriner, faire les cents pas, parce qu’il voit ses humains prendre leurs clefs, tout son corps exprime un état d’anxiété vis-à-vis d’une possible solitude. Répondre à cela en l’aidant à modifier sa perception de certains objets va le conduire à l’apaisement. Lorsqu’un chien grogne pour communiquer son désaccord à ce qu’un corps approche de sa gamelle, brandir un objet vers lui, avec des gestes saccadés, les sourcils froncés, est une communication qui risque d’abimer la relation car cela envenime une situation dans laquelle il se sent en fait en insécurité. 

Les humains s’expriment beaucoup avec le verbe, y compris avec ses animaux. 

Communiquer avec son chien avec des mots revient à communiquer avec un être dans une langue étrangère. 

Si les mots ont un sens pour les personnes avec lesquelles nous communiquons, c’est parce qu’elles en ont appris les définitions, parce qu’elles ont appris ce qu’ils désignent. Si on prononce le mot « stylo » et désigne à chaque fois un stylo, on apprend à associer cet objet à ces sons. Il en est de même avec les chiens. Une constance dans la communication verbale permet au chien de mieux assimiler l’association avec un objet ou un comportement via cette répétition. Si un jour on dit « promener » pour l’emmener en balade, et que le lendemain on dit « carotte », et le surlendemain « hélicoptère », cela risque de créer de la confusion. Le chien concentrera alors son attention davantage sur le langage corporel et les actions que sur les mots, au risque qu’il les ignore.  

Tant que le chien n’a pas acquis, c’est-à-dire est capable d’associer et de s’adapter en fonction du ou des mots dits, il est préférable de poursuivre les encouragements. Réprimander son chien alors qu’il est encore en apprentissage, alors que les mots ne sont encore pour lui que des sons mystérieux, risque de créer chez lui un sentiment d’incompréhension et d’impuissance. C’est exactement comme un chien vous mordait parce que vous ne réagissez pas à son aboiement tel qu’il l’attend. 

L’intonation dans la voix a tout autant son importance que les mots eux-mêmes. 

L’intonation révèle très souvent une émotion.  

Chez les chiens, un aboiement aigu peut révéler de l’excitation. Un aboiement grave peut indiquer un état défensif. 

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Chez l’homme, un ton ferme et fort peut révéler une exaspération. Un ton léger peut révéler de la détente. Un ton monotone peut révéler de la lassitude.

Les animaux tels que les chiens sont sensibles aux modulations dans la voix. Une voix en colère peut engager un chien à adopter des signaux d’apaisement pour dissiper l’énervement. Une voix enjouée peut engager le chien à interagir davantage.  

De même, l’énergie dégagée dans la voix influence la réponse du chien à ce qui est communiqué : si on veut inspirer du calme, mais que la voix est explosive, la communication risque d’être biaisée ; si on veut inspirer du dynamisme, tout en chuchotant avec une voix monotone, le décalage crée de la confusion chez le chien.  

On va observer la même image chez les chiens : un chien qui remue la queue doucement, émet des aboiements aigus, mais a les muscles tendus et recule. Son langage semble ambigu. 

Conclusion

Pour communiquer avec son chien, il est important de garder à l’esprit que l’on s’adresse à un être vivant doué de sentience, un être pour lequel le langage corporel et l’intonation vont influencer sa volonté à s’engager dans l’interaction. Être cohérent et constant, coordonner son langage corporel et verbal, ajuster l’énergie qu’on émet, assurent un échange serein avec son chien.

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