Définition de jeu dans le dictionnaire
- Activité d’ordre physique ou mental, non imposée, ne visant à aucune fin utilitaire, et à laquelle on s’adonne pour se divertir, en tirer un plaisir : Participer à un jeu.
- Activité de loisir soumise à des règles conventionnelles, comportant gagnant(s) et perdant(s) et où interviennent, de façon variable, les qualités physiques ou intellectuelles, l’adresse, l’habileté et le hasard : Jeu d’adresse. Jeu télévisé. Jeux d’argent. Jeux de cartes. Tricher au jeu.
- Ensemble des règles qui régissent un divertissement organisé : Se conformer au jeu.
Pour définir le jeu entre chiens je retiens les points suivants
- Une activité physique et mentale
- Activité non imposée : les chiens participent volontairement et peuvent interrompre le jeu à chaque instant
- En tirer un plaisir.
Comment pouvons-nous évaluer le plaisir chez un chien ?
La continuité de leur engagement peut servir comme indicateur, si des comportements alternatifs sont accessibles et maîtrisés par les individus.
Un chien qui essaye d’interrompre l’interaction par l’évitement, la fuite ou l’agression, mais qui n’arrive pas à se séparer de l’autre « joueur », n’en tire plus de plaisir. Nous l’aidons, en séparant les joueurs et nous insérons des pauses. Ou nous interrompons le jeu, en gardant séparés les participants en les orientant sur une autre activité ou en les stationnant à un endroit de repos.
Ces interruptions sont basées sur nos observations et jugements en analysant le langage corporel. Un chien qui part mais revient au jeu ou attend l’autre chien pour recommencer une interaction, a besoin d’une pause. Il peut avoir besoin de souffler ou d’analyser la situation pour préparer ses actions suivantes.
Ces échanges et communications se passent souvent à grande vitesse.
Qualités physiques : adresse, habileté
En observant jouer des chiots, on peut généralement constater une amélioration rapide d’adresse. Les déplacements maladroits des chiens grandissant vite se corrigent rapidement.
Exemples :
- Les essais d’éviter de marcher sur le partenaire réussissent de plus en plus avec l’âge et l’expérience.
- Les prises de virages deviennent plus rapides, plus serrés.
- Les accélérations et les freinages s’améliorent mais ont besoin de pratique afin d’éviter les obstacles.
Être habile et précis dans les déplacements est une compétence qui demande des apprentissages non seulement physiques mais également mentaux. Quand vous apprenez à conduire une voiture et que vous devez vous arrêter devant un feu rouge, vous avez besoin d’estimer la distance et la force à développer pour appuyer sur le frein. En fonction que vous rouliez sur l’herbe ou de la glace, la même force utilisée pour freiner n’aura pas le même résultat. C’est pareil pour votre chien. D’où l’intérêt à l’emmener s’exercer dans des endroits, des environnements différents.
Adapter sa vitesse pour courir avec un cavalier King Charles ne demandera pas la même accélération, ni maintien d’effort que lorsque votre chien veut suivre un braque de Weimar.
Activité soumise à des règles
Comme règles minimum je note le respect du bien-être physique et émotionnel de chaque participant.
Les blessures arrivent pour plusieurs raisons : un chien très excité maîtrise moins bien ses muscles et peut pincer, bousculer trop fortement le partenaire de jeu. Revenir au calme rapidement est une compétence.
Un manque de pratique et d’apprentissage de jeu, peut également faire déborder rapidement une situation. Je vois plus d’un chien habitué à jouer d’une façon « musclée » avec des partenaires équivalents, ayant du mal à s’adapter à des chiens qui « ne font pas le poids », n’ayant pas envie de jouer au « catch canin » ou qui physiquement ne sont pas capables de faire face à ce genre d’interaction.
Nous surveillons le jeu et l’interrompons pour une pause ou l’arrêtons quand nous estimons qu’un chien risque d’être blessé ou qu’il souffre émotionnellement
Activité pouvant comporter un gagnant ou un perdant
Comment décrire un « gagnant » ou un « perdant » ?
Si nous comparons le jeu entre chiens, au judo, nous pouvons considérer un chien qui met ou immobilise un autre chien par terre, comme gagnant.

Pour laisser continuer le jeu, cette position est de courte durée et de préférence interchangeable. Si le même chien a toujours le dessus, le jeu perd de son intérêt pour l’autre. Trouver un bon équilibre entre « gagner » et « perdre » augmente la probabilité de l’envie à continuer le jeu.
On voit certains chiens se rouler ou se laisser tomber par terre, donnant la « victoire » à l’autre chien, afin de maintenir le jeu.
Un chien qui court bien plus vite que l’autre, s’arrête pour laisser à l’autre le temps de le rattraper et repartir aussitôt quand le dernier s’approche. Quand le jeu est plus important que « gagner », les chiens expérimentés, adaptent leur langage corporel pour encourager et maintenir le jeu.
Comportements de jeu
Y-a-t-il des comportements de jeu facilement reconnaissables ?
- L’invitation au jeu : fesses en l’air et pattes avant plaquées au sol.
- Une approche rapide, en sautillant.
- Debout sur les pattes arrières, pattes avant près de la tête de l’autre chien.
- Mordre l’autre chien ou mordre dans la direction de l’autre chien.
- Les morsures sont inhibées et ne blessent pas l’autre chien. L’analyse du contexte est importante pour reconnaître les mordillements de jeu.
- « pawing » ou le mouvement répété comme quand votre chien vous donne la patte.
- Un recul rapide exagéré.
La posture voûtée, la queue rentrée, partir en courant et des signaux d’apaisement comme bailler, lever la patte et lécher le museau, font également partie du jeu. Ce sont des comportements qui communiquent que le jeu s’emballe trop, devient trop brut, ou montrent le besoin d’une pause.
Afin de mieux connaître les comportements de jeu vous pouvez écrire un éthogramme. Vous observez les chiens jouant et vous décrivez tous les comportements que vous voyez, sans les interpréter. Vous obtiendrez une liste de comportements qui se manifestent plus ou moins fréquemment et en fonction de qui est le partenaire de jeu. Cette écriture sera plus facile en regardant des séquences filmées. Une vidéo a l’avantage de pouvoir être visionnée maintes fois. Une séquence de jeu « en direct » se présente une fois.
Le jeu entre chiens, bien plus que « s’amuser »
Le jeu permet également d’apprendre et améliorer les compétences sociales :
- Observer les comportements et les expressions,
- Anticiper les réponses et les réactions,
- Deviner ou reconnaître les émotions,
- Adapter ses propres réactions et réponses,
- Mieux connaître son partenaire de jeu
- Créer des liens. La qualité de ces liens dépendra, entre autres, de la qualité du jeu : la qualité du temps passé ensemble, la capacité d’adaptation des partenaires, l’équilibre du jeu, …
- Pratiquer les codes et langage universels canin.
Si le langage canin est universel, tous les chiens ne le maîtrisent pas parfaitement.
Comme les humains, c’est en pratiquant dans de bonnes conditions que l’éloquence devient naturelle, facile. Un chien qui rencontre et interagit régulièrement avec des chiens différents saura facilement puiser dans son répertoire de « vocabulaire canin » pour trouver le « mot » adapté à la situation.
Un chien « diplomate » sachant adapter son « discours » à l’interlocuteur du moment peut faciliter l’apprentissage de cette éloquence à ses congénères.
Où jouer et avec qui ?
Attention aux parcs à chiens !
En milieu urbain, nous manquons cruellement d’endroits pour laisser courir librement et jouer nos chiens. La taille des jardins diminue et nous savons que nos chers compagnons canins ont besoin de trouver un équilibre physique et mental. Il est tellement agréable de voir son chien gambader librement que nous pourrions penser que les parcs à chiens sont une bonne solution pour garder un chien vivant en ville, heureux.
Mais avant de lâcher votre compagnon dans un parc à chiens :
- Surveillez l’état d’hygiène du parc.
- Les crottes sont-elles ramassées ?
- Combien de chiens sont à l’intérieur du parc ?
- Connaissez-vous les chiens présents et leur façon d’interagir ?
- Observez la dynamique du groupe.
- Que font les accompagnateurs ? Ils bavardent, ils regardent leur téléphone, ou ils surveillent leur chien ?
- Votre chien se sent à l’aise ? Il est habitué à jouer avec combien de chiens en même temps ?
UN ENDROIT OÙ ON A JOUÉ, OÙ ON S’EST AMUSÉ, EST UN ENDROIT OÙ ON AIME REVENIR ! PENSEZ-Y !


En conclusion
Ne laissez pas votre chien « se débrouiller » tout seul. Surveillez toujours le jeu et interrompez ou arrêtez-le quand vous l’estimez nécessaire. Il vaut mieux interrompre le jeu trop tôt que trop tard. Les mauvaises expériences s’impriment fortement et peuvent se généraliser à de multiples stimuli.
Si vous n’êtes pas encore à l’aise pour lire le langage corporel canin, demandez conseil à un professionnel. Vous pouvez également vous inscrire à des séances de jeu encadrées par un professionnel.








